est une évolution exponentielle.
1983 : 256 k bits
1985 : 1 mégabit
1987 : 4 mégabits
1990 : 16 mégabits
1996: 256 mégabits
1999: 1 gigabits
2005: 3 gigabits
2007: 3 gigabits × 8
La fuite des galaxies
Depuis les travaux du physicien Edwin Hubble
(1889 - 1953), on sait que notre Univers est en expansion. Albert
Einstein, lui aussi, s'en était aperçu. Mais, par idéologie,
il en réfutait l'idée et il aurait volontairement introduit sa
constante cosmologique pour ne pas l'admettre. Plus tard, il
rectifia le tir en qualifiant son attitude de plus grande bêtise
de sa vie car Edwin Hubble venait en effet de démontrer
que les galaxies s'éloignent les unes des autres à une vitesse
proportionnelle à leur distance.
Exponentielle or not exponentielle ?
Dans les publications qui tentent de vulgariser le
sujet, il ne semble pas être fait mention d'une évolution
exponentielle au sens strict, mais d'une tendance qui s'accelère.
Peut-être s'agit-il de prudence ou de précaution sémantique. Il y
aurait de quoi quant on sait qu'à l'instant t d'une mesure,
la lumière d'un objet a mis plusieurs millions d'années lumière à
nous parvenir alors qu'entre temps, l'Univers aurait continué à
grandir (1). Pour autant, la donne scientifique est claire : les
galaxies s'éloignent les unes des autres à une vitesse
proportionnelle à leur distance !
Et les planètes ?
Notons que si Edwin Hubble a pu démontrer ce mouvement des galaxies, il ne s'agit seulement que des galaxies. Pas de leur contenu, si l'on peut dire. Pour ce qui concerne notre Système Solaire (qui lui-même n'est qu'une infinité dans notre Galaxie (2)), les distances entre les planètes ne varieraient pas, elles, en dehors, bien sûr, de leur rotation elliptique autour du Soleil.
Si donc, nous pourrions être soumis à l'influence
de la position des planètes (ceux qui consultent leur horoscope le
croient), nous ne serions pas, en revanche, soumis à l'influence de
leur éloignement puisque leur distance reste constante. Ainsi, Nous
serions "en sécurité" dans un système bien établi, bien
calé, où depuis des millénaires la Terre fait une
révolution en 24 heures, tournant autour du Soleil en 365
jours, Venus en 224 jours, Mars en 1,88 année
terrestre, Jupiter en 11,86 années, etc.
Certes, mais il n'empêche que notre Galaxie,
celle à laquelle nous appartenons, se déplace et s'éloigne des
autres à une vitesse astronomique qui s'accroît chaque instant.
Or, qui peut dire que cela n'a pas d'influence sur l'être
humain ou sur le cours des choses ?
Téléphone Maison !
Mais revenons un instant plus près de chez nous
(!), dans le Système Solaire sus-évoqué que nous avons
décrit comme étant bien calé depuis des millénaires au motif que
l'on sait de façon précise comment tout cela tourne autour du
Soleil.
C'est logique, plus les planètes sont éloignées
du Soleil, plus leur temps de révolution est important. Mars
tourne en 1,88 année, on l'a dit, Jupiter en 11,86 années,
Saturne en 29,46 années, Uranus en 84 années, Neptune
en 164,8 années. Et là, stop! Nous nous apercevons que nous
ne sommes déjà plus à notre échelle puisqu'aucun humain ne verra
Neptune faire un tour complet. Pluton encore bien
moins, puisque que cette planète fait un tour en 247,7 années (même
sortie officiellement du Système Solaire). (Voir La ronde des planètes)
Que dire par ailleurs du déplacement de l'ensemble
du Système Solaire à la vitesse de 250 km par seconde au
sein de notre Galaxie ?! Déplacement qui aboutira à faire un
tour complet au bout de ... 250 millions d'années !
Bref, n'en jetons plus, la question existentielle
relative à l'éloignement des galaxies est largement étayée par
des possibles influences inconnues plus proches de nous ... (3)
Evolution de l'Humain ou de l'horizontale à la verticale !
Si l'on s'intéresse à l'évolution de la vie, puis
de l'être humain, on s'aperçoit qu'il y a eu de très longues
périodes apparemment sans évolution, ou avec une évolution très
lente.
Un peu comme le chiffre 1,0000000000000000000000000000001 dont
il faudra plus de 100 fois multiplier le résultat au carré pour
obtenir 2.
Exprimé autrement, il faut plus de 100 étapes pour
passer de 1 à 2. Ensuite, après seulement 5 multiplications, on
obtient déjà 4294967296 !
Et bien, imaginons que :
- Le 1 (virgule quelque chose), c'est l'époque des dinosaures,
- le 2, c'est le Moyen Âge,
- le 4, c'est l'année 1789,
- le 16, c'est l'année 1870,
- le 256, c'est l'année 1914,
- le 65536, c'est l'après guerres,
- et le 4294967296, c'est aujourd'hui.
Que sera demain avec aujourd'hui 2 ,
soit 18446744073709551616 ?
De multiples indices nous le prouvent tous les jours
: tout s'accélère à une vitesse astronomique.
Or, ça n'est pas
seulement dans les performances technologiques. C'est aussi dans les
têtes ! Dans les cerveaux!
Illustrer cela n'est pas simple et à trop vouloir
le faire, le risque est grand de tomber dans la caricature. Pour
autant, tentons l'expérience au travers d'un cas au sujet duquel il
n'est pas impossible que beaucoup s'y reconnaissent.
La théorie de la plaque d'égoût
Il y a 30 ou 40 ans, si vous aviez trébuché dans
une plaque d'égout sur le trottoir, il est quasi certain que vous
n'auriez imputé le fait qu'à votre seule inattention. Or,
aujourd'hui, dans la même situation, il est tout aussi certain que
vous pesterez contre les services de la voirie qui n'ont pas su,
d'après vous, poser correctement cette plaque d'égout. Dans cette
circonstance, là où, il y a 30 ans, vous auriez estimé que c'était
de votre responsabilité, aujourd'hui, vous rechercherez
systématiquement la responsabilité de l'autre. L'application
toujours plus zélée du principe de précaution découle de cet
exemple. Il s'agit bien, en l'espèce, d'une évolution de
comportement.
Que dire alors d'une certaine montée de la violence
constatée par tout le monde? Que dire de l'évolution des
comportements individualistes, mais aussi communautaristes ? De cette
jeunesse adulte avant l'âge ? D'un allongement de l'espérance de
vie qui donne presque le tournis ? Que dire de cette actualité si
riche que les événements de la semaine dernière paraissent d'un
autre âge ? N'aurions-nous pas la preuve, là, sous nos yeux, d'une
évolution exponentielle ?
De l'Homo Sapien à l'Homo Exponentiel
L'Homo Sapiens, "L'homme qui pense", est apparu il y a environ 100 000 ans. Il lui a fallu 100 000 ans pour inventer le premier ordinateur.
En 1946, il invente l'ENIAC : il fait 30 tonnes,
occupe 160m2 et sa mémoire est constituée de 18 000 tubes à vide, sa
puissance est équivalente à celle d'un actuel petit convertisseur
d'euros.
60 ans plus tard, il invente votre mini ordinateur portable, plusieurs
millions de fois plus puissant que l'ENIAC et 2 000 fois plus petit.
La loi de Moore (Intel ©)
:
"On peut placer 4 fois plus de transistor sur une puce tous les 3 ans"
On devrait ainsi arriver à 1 milliard de transistors sur une puce aux
alentours de 2010. (*)
* En 2008, grâce à la technique de gravure en 45 nanomètres, Intel
avait déjà réussi à faire tenir plus d'un milliard de transistors sur
sa puce mémoire ! (ZDNet)
Le téra-mammouths
Et alors, direz-vous ? Que peut-on y faire ? Faut-il
se préparer au pire? Puisqu'il n'y a d'autre alternative que
de subir, peut-on parler d'autre chose? Et si l'on scellait les
plaques d'égout, n'aurions-nous pas l'illusion d'aplanir les
obstacles?
L'illusion, sans doute. Car on le sent bien, la
force qui les soulève n'est pas maîtrisable. Tout juste peut-on
être vigilent afin d'avoir la conscience qu'à défaut de l'éviter,
on met le pied dans le trou.
Mais peut-être l'Humanité a t-elle encore sa
chance. Car si dans la pseudo démonstration précédente,
l'horizontale n'en était pas vraiment une (puisque 1 + une infinité), la
verticale non plus, bien qu'elle tende à s'en rapprocher de plus en plus.
Et c'est bien notre capacité actuelle à prendre
la vraie mesure des choses qui est en cause. Ainsi par exemple, si aujourd'hui
nous savons mesurer ce que peut représenter un téra* (d'octets par
exemple), l'Homo Sapien aurait-il pu, lui, se faire une idée objective
de ce que pouvait représenter un téra de ... de fourmis, ou de mammouths ?
Dans la tentative de présentation d'une progression exponentielle ci-dessus,
n'est-ce pas le nombre d'aujourd'hui 2, soit 18 446 744 073 709 551 616 qui impressionne ?
Ce qui choque n'est-il pas la relativité entre ce nombre et ceux que nous sommes plus habitués à manipuler ?
Alors peut-être que nos descendants seront un jour rompus avec des nombres à plusieurs millions de chiffres ...
car là se situe, me semble t-il, la différence entre la
verticale de l'Evolution et ... celle du chaos !
___________________________
*Téra = 1000 millions

