Sur le film : (C'est un autochtone qui s'exprime)
Il est stupéfiant de constater, 50 ans après (le
roman date de 1962), qu'à l'époque, José
Giovanni avait déjà mis le focus sur les particularités
historiques et patrimoniales du massif vosgien : les forêts
de sapins, le bûcheronnage, le schlittage, le débardage,
le sciage, etc. Mais il avait du même coup dépeint
une image peu flatteuse d'un "vosgien" homme des bois,
poivrot et fainéant. Pourtant, dans le même temps,
outre le superbe hymne à la nature vosgienne, il a rendu
le personnage pittoresque et sympathique. Alors, au lieu de s'en
offusquer, il aurait peut-être fallu s'en prévaloir
et en tirer parti (c'est juste mon avis). Des moyens considérables
avaient été engagés pour réunir au même
endroit des éléments de patrimoine déjà
dispersés ... et complètement désintégrés
aujourd'hui.
(Lieu du tournage)
Sur la musique :
A l'instar de "Il était une fois dans l'ouest",
je ne sais, qui du metteur en scène ou du compositeur de
la musique, a fait le plus pour le succès du film. Que serait
le film sans la musique et inversement ?. Dans le générique
des Grandes Gueules, est-ce la musique qui vient illustrer
le va-et-vient du haut fer ? ou l'inverse ? Qu'importe. Force est
de constater que c'est un tout magnifié par des talents qui
se complètent. Musicalement, il faut reconnaître que
le talent confine au génie lorsqu'on examine ensuite l'usage
que fait François de Roubaix de ses thèmes
pour traduire les émotions des différentes scènes.
François de Roubaix a composé principalement
deux thèmes pour le film. Le premier, qu'on appellera thème
A, est le thème générique. On appellera le
second thème B.
Dès les premières minutes, le thème A s'installe
discretement pendant le préambule. Puis il s'impose brusquement
et devient générique pendant la présentation
et les vues sur le fonctionnement du haut fer. Il est ensuite adapté
à maintes reprises, pour des ambiances variées, y
compris en chant "paillard" ("qu'est-ce que tu
fais, Léon, Léon, ..." - avec le coffre de
Jess Hahn ! ) et magistralement arrangé sur la triste scène
finale.
Le thème B souligne les scènes tendres et ludiques.
C'est ce même thème qui accompagne le Galop de cheval
sur les sommets des Hautes Vosges et qui devient valse de la fête
des bûcherons.
Mais il ne faudrait pas oublier le génial et récurent
point d'exclamation musical constitué de percussions et d'un
accord de guitare qui vient à la fois clôturer une
scène et ouvrir la suivante !
Avec les possibilités (limitées) du MIDI, j'ai modestement
tenté de rendre certaines ambiances du film. C'est mon hommage
personnel aux contributeurs du film, mais surtout à l'auteur
de sa musique : François de Roubaix.
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